a) Le peuple

       La population pauvre connaît des problèmes. Condition ouvrière, pauvreté, ivresse et dégénérescence sont associées dans la description de l’alcoolique. A cette époque, comme l’écrit Zola dans son roman L’Assommoir, qui décrit la déchéance de l’ouvrier confronté aux ravages de l’alcool, « le vin nourrit l’ouvrier ». On se noie dans l’alcool pour oublier ses problèmes et la misère quotidienne, pour s’inventer une nouvelle vie et pour se réchauffer le cœur dans une taverne avec des amis et partager de bons moments qui font oublier la dureté de ce monde.

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C’est ce que d’écrit St Exupéry dans Le Petit Prince…

« La planète suivante était habitée par un buveur. Cette visite fut très courte, mais elle plongea le petit prince dans une grande mélancolie:

- Que fais-tu là? Dit-il au buveur, qu’il trouva installé en silence devant une collection de bouteilles vides et une collection de bouteilles pleines.

- Je bois, répondit le buveur d’un air lugubre.

- Pourquoi bois-tu, lui demanda le petit prince.

- pour oublier, répondit le buveur.

- Pour oublier quoi ? S’enquit le petit prince qui déjà le plaignait.

- Pour oublier que j’ai honte, avoua le buveur en baissant la tête.

- Honte de quoi ? S’informa le petit prince qui désirait le secourir.

- Honte de boire !acheva le buveur qui s’enferma définitivement dans le silence.

Et le petit prince s’en fut, perplexe.

Les grandes personnes sont décidément très, très bizarres, se disait il en lui-même durant le voyage.

« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux ».

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        La partie aisée de la population connaît également l’alcool et les drogues. Les intellectuels n’étaient pas les seuls à en consommer. En effet au XIXe siècle se droguer était une marque de sophistication, tout comme boire (des alcools chers et chics) car cela montrait que l‘on avait de l‘argent et que l’on savait s‘amuser comme des personnes cultivées. Le XIXe siècle est l’époque de la « Fée Verte », l’absinthe dénommée « boisson nationale » en 1880 !

Quelques citations bien alcoolisées qui démontrent le besoin de boire pour être « civilisé » :

« On boit ensemble mais on se saoule tout seul »

A. Blondin

« Le vin est un lubrifiant social »

J. Clavel

« Le vin est certainement ce qu’il y a de plus civilisé au monde »

E. Hemingway

« Un alcoolique c’est quelque un que vous n’aimez pas et qui boit autant que vous »

Coluche

 

        Fumer le haschich comme un philosophe ou un écrivain célèbre est très à la mode et l’on retrouve ces pratiques dans les salons des familles riches car cela se fait en qu’en plus c’est très chic de le faire !

        On peut le voir sur cette gravure de Ch. Vernier représentant une soirée parisienne au quartier latin où les personnes boivent et fument.

soir_es_parisiennes_au_quartier_latin_par_Ch_Vernier


b) Les Poètes Maudits

Les plus célèbres des poètes Maudits :

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Charles Baudelaire et Paul Verlaine

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Arthur Rimbaud et Gérard de Nerval

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        L’écrivain du XIXe siècle se rapproche de la rue, des campagnes, souvent il partage la même « piquette », dans les mêmes tavernes que le peuple, il partage donc sa vie quotidienne et son malaise. Mais les écrivains connaissent aussi ce mal-être caractéristique de l’époque.

        L’exemple le plus flagrant du mal être des écrivains est certainement le cas des Poètes Maudits.

       «L’expression « poète maudit » ayant fait florès, elle peut aujourd’hui qualifier d’autres auteurs que les amis de Verlaine. Elle désigne en général un poète talentueux qui, incompris dès sa jeunesse, rejette les valeurs de la société, se conduit de manière provocante, dangereuse, asociale ou autodestructrice (en particulier avec la consommation d’alcool et de drogue), rédige des textes d’une lecture difficile et, en général, meurt avant que son génie ne soit reconnu à sa juste valeur. Ont ainsi pu recevoir ce qualificatif Verlaine lui-même, mais aussi des auteurs comme Charles Baudelaire, Lautréamont, Nerval, Rimbaud, de Musset, Gauthier, Desnos » (source Wikipédia) mais la liste peut être encore longue, tout dépend des points de vue, par exemple, le poète symboliste Mallarmé est dit Poète Maudit dans beaucoup de cas, seulement, apparemment, il ne correspondrait pas à la description du Poète Maudit de Verlaine qui est le premier à avoir utilisé ce terme pour désigner Rimbaud.

        Si tous les critiques s’accordent à croire à l’existence d’un « mythe du poète maudit », aucun ne semble avoir défini cette même notion. Tout au plus peut-on en citer les actes fondateurs: l’article de Baudelaire sur Edgar A. Poe et le célèbre ouvrage de Verlaine, Les Poètes maudits. Que dire alors d’un mythe de l’écrivain maudit ou malheureux? Ce mythe se caractérise par son historicité et par son caractère assimilateur: il évolue, s’adapte, varie notablement d’une époque à une autre, d’un type d’écrivain à un autre.

        Baudelaire décrit le vin comme étant la seule possibilité de vivre pleinement et d’échapper un temps à la misère de ce bas monde que l’on soit honnête ou assassin (!).

       La drogue leur servait de masque, de refuge, à oublier leurs malheurs mais les inconvénients de consommer ce genre de produit qu’il entraîne dépendance, intoxication, parfois même la mort, mais plus simplement le manque ou l’effet opposé à celui espéré et c’est là qu’au lieu de se sentir soulagé, l’écrivain se sent encore plus mal qu’avant. Si l’on ajoute à cela le fait que tous ces poètes maudits étaient également «maudits de la vie» (dépressifs, tourmentés, attaqués par des maladies, amours interdits, violences, douleurs, morts précoces) on comprend qu’ils aient pu être attirés par des facilités comme les drogues et l’alcool.

« Le Malheur fait le poète » dit Balzac